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Accueil > Difficile à dire > Pistes pour une 27e heure artistique

I. contraintes s’appliquant au locuteur

1. mutisme permanent ou temporaire
a. le château des destins croisés et les pictogrammes
b. la langue des signes
c. le lexique de l’italien par les mains
d. censure, filtre passe-bas, bâillons, rubans adhésifs, brosses à dents…
e. un bon dessin vaut mieux qu’on long discours

2. les pathologies
a. bégaiement
b. dyslexie
c. syndrome de Gilles de la Tourette
d. paranoïa et sur-interprétation

3. Contraintes environnementales
a. les insectes (lipophonie)
b. le bruit ambiant
c. la distance : le cas des langages sifflés
d. l’occultation graphique : fumée, brume, verre dépoli, papier calque…
e. la polysémie par l’occultation d’une partie du message / cf slogans dépliables

4. circonstances imprévisibles et problèmes techniques
a. la panne de micro
b. absence de cible : le cas de l’île déserte

5. pauvreté du vocabulaire
a. le syndrome du Schtroumpf
b. le lexique Français-Mangani

II. quand la nature du message rend la communication hasardeuse

1. les mots compliqués
2. ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément
3. codes et messages secrets

a. quand il est interdit de s’exprimer : le tabou (« ce dont on ne peut parler, il faut le taire »…) - le coup des slogans dépliables / acrostiches, etc.
b. quand le message ne s’adresse pas à tous
c. quand la distance l’impose (cf. Thésée ou le sémaphore)

d. Le cas des prières
4. parler pour ne rien dire
5. quand on n’ose pas dire

a. la déclaration d’amour
b. la mauvaise nouvelle / Je ne sais pas par où commencer
c. l’euphémisme : dorer la pilule, noyer le poisson, tourner autour du pot, langage diplomatique

6. polysémie et ambiguïté
7. quand on se trompe de message ou de cible

III. quand la forme brouille le message - rapport signal/bruit

1. ne pas s’éparpiller : la digression
2. trop d’info tue l’info : la redondance

a. surlignement, pléonasme et discours à grande vitesse
b. simultanéité des sources, mutation des cerveaux
c. discours contradictoires
c-1. la musique extradiégétique
d. images parasites

3. allophonie : nous ne parlons pas le même langage
a. langues étrangères
b. argot et jargon
c. les accents

4. la volonté obfuscatoire : la langue de bois : voir II, 5.
5. les dangers de la métaphore
6. les dangers de l’ellipse
7. L’anachronisme : sémaphore et code morse
8. les coquilles
9. Le phénomène des ordonnances


À classer / pistes de recherche

Interprétation des rêves

Politically correct ≠ euphémismes inappropriés
Il y a des euphémismes qui font beaucoup plus de mal que de bien. Ainsi les termes "malvoyant", "malentendant", traînent-ils derrière eux un douteux sillage, comme un sillage… malodorant. Ils évoquent moins l’aveugle et le sourd en leur hautaine et fière infirmité que l’incongruité du malotru. (Joël Gayraud, La paupière auriculaire)

Langage des animaux
En observant les animaux domestiques, j’ai toujours été frappé que ceux dont l’intelligence se rapprochait le plus de la nôtre étaient aussi les plus mélancoliques. C’est évidemment chez les chiens, et parmi eux dans certaines races, comme les labradors qui servent à guider les aveugles, que cette tendance apparaît le plus clairement. Or l’on voit cette mélancolie s’accentuer lorsqu’ils assistent à une conversation entre leurs maîtres. Ils ont d’autant plus le désir de s’y mêler qu’ils reconnaissent certains termes dont ils comprennent le sens, et l’on sait qu’un chien peut apprendre jusqu’à un millier de mots d’une de nos langues. Ils jappent, ils gémissent, ils essaient de prononcer les mots qu’ils ont entendus. En général, on leur dit, sur le ton de l’agacement, de se taire, ou on leur ordonne de se coucher. Alors, ils obéissent, soumis mais tristes.
Mais parfois aussi on se met à leur parler. Alros ils tentent de toutes leurs forces de nous répondre, sans y jamais parvenir, ce qui les rend encore plus malheureux. Ils ont visiblement conscience de leur incapacité linguistique, et donc de leur infériorité sur ce point. Le langage articulé leur apparaît comme une puissance supérieure, forcément agressive et oppressive puisqu’ils obéissent aux ordres. C’est comme si, pour eux, les mots que nous prononçons étaient des sortes de griffes ou de crocs immatériels. (Joël Gayraud, La paupière auriculaire)
Voir aussi §138

L’enfant qui apprend à parler

Le néologisme

Les mots qui n’existent que dans une seule langue
Cf. cette page

Le langage des mouches (taffetas noir)
Selon sa position sur le visage : la receleuse, la majestueuse, la gaillarde, la passionnée, la discrète, la galante, la baiseuse, la coquette et l’enjouée. Cf. Joël Gayraud, La paupière auriculaire, § 82. Voir aussi §139